
De 1,02 à 1,18 : +15 % de hausse de l’euro en un an
Début janvier 2025, l’euro évoluait autour de 1,02 dollar. Début 2026, il s’échange désormais autour de 1,18 dollar, soit une hausse d’environ +15 % en un an.
Cette évolution du taux de change, souvent reléguée au second plan, va pourtant avoir un impact direct et durable sur la location courte durée à Paris en 2026, une activité fortement dépendante de la clientèle internationale.
Paris : une destination ultra exposée au taux de change
Paris attire une clientèle majoritairement internationale :
- voyageurs américains et canadiens
- clientèle asiatique
- visiteurs du Moyen-Orient
- touristes internationaux à fort pouvoir d’achat
Pour ces voyageurs, le prix réel d’un séjour à Paris ne se lit pas en euros, mais dans leur devise d’origine.
Quand l’euro s’apprécie de 15 %, le séjour devient automatiquement 15 % plus cher, sans aucun changement de prix affiché côté propriétaire.
Exemple concret : l’effet immédiat sur le prix perçu
Un appartement affiché à 200 € / nuit :
- en janvier 2025
→ environ 204 $ pour un voyageur américain - début 2026
→ environ 236 $
+32 $ par nuit, uniquement lié au change.
Sur un séjour de :
- 5 nuits → +160 $
- 10 nuits → +320 $
Ce différentiel devient déterminant dans les arbitrages entre :
- Paris vs autres capitales
- séjour long vs séjour raccourci
Le logement n’est pas le seul poste impacté : tout le voyage devient plus cher
La hausse de l’euro ne touche pas uniquement le prix de la nuit.
Elle renchérit l’ensemble du séjour à Paris.
Restaurants, cafés, transports, musées, spectacles, shopping : toutes les dépenses sont réglées en euros.
Concrètement :
- un dîner à 80 € approche désormais 95 $
- une addition à 150 € dépasse 175 $
- le shopping, déjà perçu comme coûteux à Paris, devient encore moins compétitif
Résultat : pour un voyageur international, Paris devient globalement plus chère, même si les prix locaux n’ont pas augmenté.
En 2026, les voyageurs raisonnent en budget total, pas en prix par nuit
En 2026, le raisonnement change profondément.
Les voyageurs arbitrent de plus en plus sur le coût global du voyage :
- logement
- restauration
- expériences
- transports
- shopping
Lorsque tous ces postes augmentent simultanément à cause du taux de change, la pression se reporte naturellement sur le logement, perçu comme le poste ajustable.
Ce sont alors les logements les moins différenciés qui subissent les premiers ralentissements.
Tous les biens ne sont pas touchés de la même manière
L’impact de la hausse de l’euro n’est pas uniforme.
Biens les plus exposés :
- logements milieu de gamme très dépendants d’une clientèle américaine
- biens sans identité claire
- annonces peu travaillées sur l’expérience et la valeur perçue
Biens les plus résilients :
- logements très bien situés (Saint-Germain-des-Prés, Marais, Trocadéro, Invalides)
- appartements premium ou familiaux
- biens offrant une véritable expérience parisienne
Plus la valeur perçue est forte, moins le taux de change devient un frein.
2026 : une année plus technique, pas moins attractive
La hausse de l’euro n’annonce ni une crise ni une chute brutale.
Elle marque simplement l’entrée dans un marché plus exigeant, où la performance ne repose plus uniquement sur la localisation ou la tension touristique.
En 2026, la clé sera :
- une lecture fine de la demande internationale
- une adaptation intelligente des tarifs
- un positionnement clair du bien
- une approche orientée valeur plutôt que volume
Les exploitants qui intègrent ces paramètres continueront à performer.
Les autres auront le sentiment que « le marché ralentit ».



